Les Nouveaux Mutants, un film d’horreur non effrayant

Après 2 ans d’attente depuis la première bande-annonce, une date d’apparition longtemps repoussée, l’appropriation de 21st Century Fox par Disney en 2019 et du tournage supplémentaire, Les nouveaux mutants fait finalement son apparition sur le grand écran. Il est bien décevant de réaliser qu’après toute cette attente, il n’en vaut pas la peine…

Réalisé par Josh Boone, Les Nouveaux Mutants présente le récit de 5 jeunes enfermés contre leur volonté dans un asile au milieu de nulle part dans l’objectif de découvrir et de maîtriser leurs pouvoirs, tout en tentant de faire face aux peurs et aux péchés de leur passé.

Nous y faisons la rencontre de Illyana Rasputin a.k.a Magik (Anya Taylor-Joy), Rahne Sinclair a.k.a Wolfsbane (Maisie Williams), Sam Guthrie a.k.a Cannonball (Charlie Heaton), et Roberta Da Costa a.k.a Sunshot (Henry Zaga), le tout sous la supervision de la Dr Cecilia Reyes (Alicia Braga) ayant l’ordre d’étudier et d’isoler ces nouveaux mutants, car en découvrant leur pouvoir, ils deviennent des menaces pour la société et leur entourage. La nouvelle venue, Danielle Moonstar a.k.a Mirage (Blu Hunt), une jeune femme très perturbée à la suite de l’anéantissement de sa réserve, provoque d’étranges changements dans l’institut, obligeant les jeunes à se battre pour leur survie. Comme évoque une source anonyme de Entertainment Weekly : « Ils [les nouveaux mutants] n’essaient pas de sauver le monde, ils ne tentent que de se sauver eux-mêmes ».

Une atmosphère ratée

Bien que le film propose une atmosphère de film d’horreur (peu de personnages dont nous connaissons brièvement l’histoire, un asile abandonné, une trame sonore lourde et grave, etc.), nous avons davantage l’impression d’observer un mauvais film de superhéros. Tout semble vouloir s’en construire autour – ce qui aurait été un concept ingénieux par la fusion de ce style à celui des superhéros – mais il ne fait que détruire les attentes. Le retour au tournage du film par Disney en fut probablement la cause. La réécriture chaotique de la version définitive soutient davantage une atmosphère cinématographique de suspense favorable aux jeunes qu’à une véritable horreur. Disons que quelques sursauts de peur n’auraient pas été désagréables.

La présentation des personnages est, à son tour, un échec. En étant le film Marvel le plus court de l’histoire en n’étant que 100 minutes – qui semblait long en raison d’un manque d’intérêt -, nous n’avons pas le temps de découvrir véritablement les personnages, leur pouvoir et leur histoire. Après la représentation du film, une confusion profonde et de nombreux questionnements se faisaient entendre dans la salle, autant par rapport aux personnages que pour les divers événements à travers le film. Nous n’avons eu accès qu’à un bref aperçu de l’identité – qui se contredit constamment – de ces nouveaux mutants. Ces jeunes restent encore un mystère dans nos esprits.

Est-ce que Les nouveaux mutants est un mauvais film ? Non. Mais il avait du potentiel pour être meilleur, surtout pour un concept si original. La réécriture a certainement démoli le film.

Source de l’image :

© Marvel, CHRIS CHRISTODOULOU, https://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Marvel-devoile-la-scene-dintro-des-Nouveaux-Mutants

Suspect numéro un, une réalisation ambitieuse réussie

Avec la réouverture des cinémas, on observe le retour des films sur les grands écrans, notamment Suspect numéro un sortie le 10 juillet 2020, le tout premier tapis rouge du déconfinement.

Réalisé par Daniel Roby, Suspect numéro un met en vedette Antoine Olivier-Pilon, Josh Hartnett, Jim Gaffigan et Stephen McHattie dans un film intense et dramatique inspiré d’une histoire vraie.

On se retrouve en 1989 en Colombie-Britannique au Canada où l’on y fait la rencontre de Daniel Léger (Antoine-Olivier Pilon), un ex-héroïnomane. Celui-ci fait la rencontre de Picker (Jim Gaffigan), un vendeur de drogue, et se met à travailler pour lui. Alors qu’il croyait devoir aller chercher de l’héroïne pour la ramener au Canada, il se retrouve dans un complot policier organisé par Frank Cooper (Stephen McHattie), un sergent de la GRC en quête de performance. Ce n’est que quelques années plus tard que Victor Malarek (Josh Harnett), un journaliste d’enquête torontois du Globe and Mail, s’intéresse à son cas et tente de le libérer d’une peine de prison à vie en Thaïlande au risque de perdre son emploi et sa famille. Voici l’histoire de trois personnages interreliés sous l’affaire Golliath, une investigation de trafic d’héroïne pure.

De L’ambition et de l’intensité cinématographique

Suspect numéro un est un projet ambitieux par sa complexité, par la densité du scénario et par un tournage au naturel en Thaïlande, à Vancouver et à Montréal malgré un budget limité. L’utilisation d’une déconstruction narrative était un risque de plus à employer lors de la réalisation due à la possible confusion des spectateurs lors du visionnement, bien qu’elle était utile pour présenter réellement les faits. Néanmoins, la clarté des scènes nous assurait la compréhension du film, même avec une quantité importante d’alternance entre les flashbacks et le temps présent.

Ce film offre une expérience cinématographique immersive de qualité où l’on devient des témoins d’événements dramatiques et sérieux. Par le bien d’une caméra libre et d’un tournage en lumière naturelle, nous développons l’impression que nous suivons les personnages à travers les événements résultants à l’injuste arrestation.

Le jeu d’acteur était à son tour impeccable, accentuant notre expérience immersive. Antoine Olivier Pilon nous présente encore une fois une prestation solide d’un personnage sombre et découragé inspiré d’Alain Olivier. Josh Hartnett offre à son tour une prestation de qualité d’un journaliste à l’égo surdimensionné. Stephen McHattie et Jim Gaffigan jouent également des personnages secondaires à forts caractères, tous bien joués.

Bref, Suspect numéro un est un drame policier réussi qui saura ramener le public dans les salles de cinéma !

Source de l’image :

©Laurent Guérin, ARCHIVES RADIO-CANADA, https://images.radio-canada.ca/w_1600,h_900/v1/ici-tele/16×9/suspect-numero-un-de-daniel-roby-55279.jpg