Souffrir de l’étiquette ?

C’est ce matin, lors d’une discussion enflammée avec mes camarades de classe, que m’est parvenu une réflexion majeure sur la recherche de l’individualité par la classification. Le sujet ? Les étiquettes sociales.

Pour débuter, que sont-elles ? Simplement, c’est un cadre que chacun de nous se fit en quête de découverte de notre identité, celui-ci apportant un confort psychologique. Par une imposition de normes et de codes variant selon les différentes classes sociales, ce concept tente de répondre à notre question éternelle : qui suis-je ? Néanmoins, malgré qu’un tel concept est fort utile pour la résolution de notre conflit identitaire, il est rempli de failles, car il nous est impossible de nous conformer qu’à une classe.

Pour clarifier mon angle, je vous offre une brève description de moi en se fiant à ces étiquettes. Je suis un blanc, un hétérosexuel, un intellectuel, un musicien, un sportif et un gamer.

Que pouvons-nous constater en se fiant à mon analyse personnelle ? Je n’ai pas qu’une étiquette ! J’en ai plusieurs ! En se fiant au principe de cette classification, normalement, je devrais n’en avoir qu’une. Néanmoins, non seulement moi, mais chacun des individus de cette société en avons plus qu’une. Nous ne pouvons pas nous conformer qu’à un seul cadre se basant sur notre sexe, notre âge, notre ethnie et nos intérêts/nos passions. C’est tout simplement impossible. Aucun d’entre nous n’est qu’un être avec une seule identification. Nous avons tous une histoire, des intérêts et des rêves nous empêchant d’être classés sous un code précis, et c’est ce qui fait la beauté de l’être humain. Ce concept de n’avoir qu’une seule étiquette nous identifiant est parfaitement erroné, même inutile, et nous ne devrions pas nous rabaisser sous des normes identitaires.

En plus, par le fait que cette manière de classer notre identité est solidement ancrée dans nos têtes, former des liens avec d’autres individus s’avère comme une expérience bien complexe. Il devient presque impossible de pouvoir rencontrer, même communiquer, avec un.e inconnu.e lorsque celui-ci/celle-ci diffère de soi-même. Est-ce parce que nous ne le/la considérons pas dans la même classe que la nôtre ? C’est tout simplement l’idée du je suis cela ; tu es cela. Ainsi, n’étant pas un clone de toi portant les exacts mêmes intérêts, les mêmes valeurs et/ou les mêmes idées, tu ne me considère pas comme appartenant au même monde que le tien. Ce principe d’individualisme jusqu’à la rencontre de la similarité est inutile, pratiquement idiot. Certes, avoir un intérêt commun est un aspect important pour la formation d’un lien solide. Néanmoins, il n’est jamais spécifié que l’on se doit d’être identique pour simplement se parler. Profitons de nos différences pour rencontrer des personnes qui sauront nous faire grandir au lieu d’être effrayé du non-conventionnel.

Bref, il est inutile de vouloir se conformer selon une classification sociale précise. Elle ne fait que détruire notre propre identité. Personne n’est conforme. Personne n’appartient qu’à un groupe. Ce n’est pas un cadre hors réalité qui saura définir notre identité. Nous sommes qui nous sommes. Et une étiquette ne saura pas nous classer.

Bye Bye à l’ouverture culturelle

Ah, le fameux Bye Bye. Le fameux événement télévisuel qui sait regrouper la population québécoise devant leur écran le soir du jour de l’an. Offrant un regard caricatural sur l’actualité de 2019, la présentation de certains sujets a démoli les limites permises.

Ce n’est seulement que quelques minutes après le décompte que l’on se fait offrir une parodie du hit musical de l’année « Coton Ouatée », le tout mettant en vedette Anne-Élisabeth Bossé. Le hic est qu’ils ont osé parodier du même coup la loi sur la laïcité. Leur tentative d’humour sur l’interdiction du port de signes religieux n’a résulté qu’en une caricature raciste.

Montrer fièrement Anne-Élisabeth Bossé portant un hijab en ridiculisant le droit d’affirmer sa personnalité religieuse est tout à fait inacceptable !

Pour eux, se moquer ouvertement de la religion d’autrui devient comique ?

Dans une société où l’acceptation des différences est devenue la priorité, oser se moquer d’un tel sujet est tout à fait irréfléchi. C’est comme s’ils voulaient provoquer le soulèvement des voix. Qu’espéraient-t ’ils faire ? Alléger la compréhension de ce problème causant toujours autant d’émoi en le présentant avec une chanson ne méritant pas le titre de chanson de l’année ?

Trop grande liberté créative ?

Cette comédienne affirme dans les coulisses du Bye Bye que cet événement leur permet « de faire des choses que l’on n’a pas le droit de faire. » Exactement ! Voilà le problème ! D’où cela provient-il ? D’une exagération de leur droit de création ? D’une trop grande liberté créatrice que notre société à su leur laisser au fil des années ? Posséder un tel pouvoir est un cadeau que les québécois ont su leur offrir, et il est utilisé pour ridiculiser des sujets qui ne devraient pas l’être.

C’est à l’intérieur du sketch du black face que les créateurs stipulent qu’en étant le Bye Bye, ils se font constamment critiquer pour ce qu’ils présentent. Oui ! Il y a une façon de rire de l’actualité québécoise sans nécessairement employer des méthodes si rudes !

Je suis bien au courant que l’objectif de cet événement télévisuel est tout simplement de caricaturer 2019. Je suis bien au courant que mon regard ne témoigne que d’un sketch de quelques secondes d’une émission d’un peu plus d’une heure. Je ne dis pas que le Bye-Bye 2019 était médiocre, c’est bien le contraire même. Néanmoins, cette année était remplie de sujets chauds, dont la liberté culturelle, l’acceptation des différences et de la protection des écosystèmes, où en entamer la discussion est risqué. Leur méthode drastique de moquerie pour un retour sur 2019 n’est évidemment pas la technique à favoriser.

Source de l’image :

https://hollywoodpq.com/tout-ce-quon-quon-espere-retrouver-au-bye-bye-2019/